Synthèse

Le bras de fer entre la Catalogne et l’Espagne est devenu depuis quelques années une affaire d’actualité. Le sujet catalan est souvent sur les infos, surtout autour du 11 septembre lors des manifestations monstre avec plus d’1 million de manifestants dans les rues de Barcelone, ainsi que lors des actualités concernant le gouvernement espagnol, le référendum d’autodétermination, les anciens ministres exilés en Belgique ou emprisonnés, les procès qui ont lieu à Madrid contre les líders indépendantistes et du gouvernement catalan qui a permis le référendum. Et pourtant, les origines restent encore méconnue pour la plupart du public français qui n’arrive pas à comprendre pourquoi la moitié de la population de la Catalogne veut se séparer de l’Espagne. Que veulent donc ces catalans ? La création pacifique d’un nouvel État est-elle possible dans l’Europe du XXIième siècle ?

Le 1er octobre 2017 les médias diffusent en direct le vote de 2 millions de catalans sous les coups de bâton de la police sous les ordres du gouvernement de Madrid. Deux journalistes ont réalisé depuis 2015 plusieurs interviews aussi bien aux protagonistes qu’a des experts pour obtenir des réponses pouvant aider le public à mieux analyser le mouvement bottom-up qui a poussé le processus catalan du point de vue du droit international, de l’économie, de la culture, des médias. etc. Le tout permet de mieux comprendre les motivations et facteurs de cette affaire qui sans doute continuera d’actualité dans les mois et les années à venir.

Le préface a été rédigé par Alfred de Zayas, expert indépendant auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) et de l’Assemblée générale de l’ONU et professeur de droit international.

« L’indépendance est un droit de l’homme qui se manifeste de nombreuses façons. Les valeurs européennes de démocratie, de prééminence du droit et des droits de l’homme ne sont pas seulement des slogans ou des proclamations symboliques, elles supposent des engagements en hard law (droit dur ou droit contraignant) des traités relatifs aux droits de l’homme. En effet, la démocratie est une expression de l’autodétermination, de même que l’autodétermination est une composante essentielle de la démocratie. Le droit de s’exprimer, le droit de choisir les mesures politiques, les plébiscites et les référendums sont indispensables pour assurer la corrélation entre la véritable volonté de la majorité et les hommes politiques concernés. Il ne s’agit pas de populisme, mais du principe de gouvernance démocratique qui repose sur la règle de la majorité dans le respect des points de vue et des intérêts des minorités et d’autres groupes – tout en restant au service de la dignité humaine. » (Extrait du Préface)

Le postface est signé par l’ancien éditeur et correspondant de guerre du journal  Le Monde, Patrice de Beer.

« Bien loin de la vision caricaturale donnée par certaines voix madrilènes qui ont été jusqu’à comparer les dirigeants catalans au national-socialisme d’Hitler tandis que d’autres brocardent un égoïsme de riches chez des Catalans plus développés que la plupart de l’État espagnol.

Et dire que les Catalans se sentaient encore assez bien dans leur Statut hérité du post-franquisme au point d’en avoir négocié avec le gouvernement espagnol de l’époque une refonte, ratifiée par les Cortes de Madrid autant que par un référendum local en 2006. Et qu’il aura fallu le retour au pouvoir d’une droite intransigeante qui a fait invalider ce Statut et qui refuse depuis lors toute discussion de fond avec le gouvernement autonome de Barcelone pour requinquer ce sentiment indépendantiste. Comme me l’ont dit des amis catalans : « Si tu nous avais dit, il y a quelques années que nous serions un jour des indépendantistes, nous t’aurions ri au nez. Et voilà où nous en sommes aujourd’hui ».

Quel que soit l’avenir, proche ou plus lointain, de la Catalogne, ce dossier devrait nous permettre, à nous Français, de dépasser nos vieux clichés, d’en suivre l’évolution en meilleure connaissance de cause, et de mieux comprendre l’avis de cette large majorité de Catalans qui réclament leur droit de choisir même s’ils ne sont pas –ou pas encore ?– favorables à l’indépendance et qui ne se reconnaissent pas, plus, ou de moins en moins dans l’intransigeance du gouvernement de Madrid. » (Extrait du Postface)

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